Transquestion, Tranquestionner.—Ces mots ne sont pas français. Il faut dire: contre-interrogatoire (examen d’un témoin par l’avocat de la partie opposée), contre-interroger.
Transverser.—N’est pas français. Dites transvaser, transvider.
Travail.—On appelle travail, à Montréal, l’assemblage de deux pièces de bois qui servent à traîner une voiture, et entre lesquelles on place le cheval. A Québec, cela s’appelle les menoires. En français, on dit le brancard, ou la limonière pour l’ensemble; et l’on dit le brancard ou le limon quand il s’agit de chacune des deux pièces. Menoire n’est pas français. (Ne pas confondre limon avec timon ou flèche, qui est la longue pièce de bois du train de devant d’une voiture, aux deux côtés de laquelle on attelle les chevaux).
Travaillant.—On dit ici, à tort, un bon travaillant, pour un homme laborieux; et des travaillants pour des ouvriers.
Travers.—C’est une faute de donner à l’expression au travers le sens de parmi. Ces pommes sont belles, mais il y en a parmi qui sont gâtées, et non il y en a au travers.
Traverse.—L’endroit où l’on passe un fleuve, une rivière ne s’appelle pas la traverse, mais le passage. Le passage est à un mille d’ici.
Traverse de chemin de fer. On a cru, à tort, par cette expression, traduire railway crossing. En français, traverse de chemin de fer désigne la pièce de bois sur laquelle repose le rail. V. [Tie]. Railway crossing se traduit par passage à niveau: endroit où un chemin public traverse une voie ferrée.
Traversée.—L’expression traversée de chemin de fer désigne l’endroit où deux voies ferrées se traversent. C’est une faute de lui donner le sens de passage à niveau. V. [Traverse].
Traverser.—Il faut dire: J’ai traversé à Lévis hier, et non, je suis traversé. Etre traversé, c’est avoir quelque chose au travers de soi, ou être trempé par la pluie. Etre traversé par une épée.
On passe un pont, on ne le traverse pas; mais le pont traverse la rivière.