[24] Plutarque, Les préceptes du mariage.

A Sparte, où nous avons marqué une mentalité spéciale, la loi autorisait l’adultère dans certains cas. Lycurgue s’était en effet efforcé de bannir du mariage la jalousie : il se moquait même de ceux qui n’admettent pas les autres à partager avec eux, et qui punissent, par des meurtres ou des guerres, le commerce que des étrangers ont eu avec leurs femmes[25].

[25] Plutarque, Lycurgue, XLV.

Solon, pour assurer la perpétuation de l’espèce, avait, lui aussi, nous l’avons vu, codifié l’adultère dans un cas très précis.

Mais, d’une façon générale et presque absolue, lorsqu’un mari a surpris sa femme en adultère, il ne pourra plus habiter avec elle, sous peine d’être diffamé. La femme qui aura été surprise ne pourra entrer dans les temples publics ; si elle y entre, on pourra lui faire subir impunément toutes sortes de mauvais traitements, excepté la mort[26].

[26] Démosthène, Plaidoyer contre Nééra.

Quant au complice, il pourra être immolé s’il est pris en flagrant délit, dans l’enlacement même du baiser. L’époux peut aussi se contenter de le livrer à la merci des esclaves qui lui enfoncent, en manière de pal, un énorme radis noir dans le derrière, l’épilent tout autour et couvrent de cendres brûlantes la partie épilée[27]. D’aucuns même le font châtrer[28].

[27] Aristophane, Les Nuées ; — Anthologie grecque, Epigrammes descriptives, 520 ; — Lucien, Sur la mort de Pérégrinus, § 9 ; — Lettres d’Alciphron, III, 62.

[28] Lettres d’Alciphron, III, 62.

Des maris plus pratiques, plus accommodants, comme le bossu Poliagre, se contentent de demander à l’amant le prix des baisers de la femme[29].