[29] Lettres d’Alciphron, III, 62.

Il n’existait pas de peines contre le mari manquant à la foi conjugale. Mais si l’époux était convaincu de relations contre nature avec un autre homme, le divorce était accordé à la femme[30].

[30] Diogène de Laërce, IV, 17.

Quelque infime que soit la personnalité morale de la femme, et bien que la mythologie abonde en unions de parents très proches, les Grecs ont une profonde horreur pour l’inceste : l’Œdipe-Roi de Sophocle est la manifestation la plus précise et la plus frappante de cet état d’esprit. Toutefois, la législation publique d’Athènes ne spécifiant pas de degrés prohibés par un texte formel, la loi contre l’inceste était plutôt une loi non écrite, comme dit Platon.

Aussi, peut-elle subir quelques entorses. Ainsi, le fils de Thémistocle, Archeptolis, épousa sa sœur consanguine[31] ; ainsi Cimon eut pour maîtresse, puis pour femme, sa sœur Elpinikè[32] ; ainsi, à Syracuse, Denys le Jeune et Théaridès épousent leurs sœurs consanguines[33].

[31] Plutarque, Thémistocle, XXXII.

[32] Plutarque, Cimon, IV.

[33] Plutarque, Dion, VI.

A Sparte, la coutume du lévirat, venue de l’orient, se transforme de telle façon qu’elle semble à plaisir doubler l’adultère d’un inceste. Le mari impuissant se fait suppléer par un homme jeune et vigoureux, le plus proche parent, et reconnaît l’enfant qui naît de ce baiser. « Chez les Lacédémoniens, dit Polybe, c’est une coutume nationale et morale qu’une femme ait trois ou quatre époux, parfois davantage, quand ce sont des frères, et que les enfants leur soient communs »[34].

[34] Polybe, Histoires, XII, 8.