Le Timarque de Lucien, sous le nom duquel est déguisé peut-être le sophiste Polyeucte, n’est guère plus recommandable. Il s’est livré tout jeune à un soudard éhonté qui l’a corrompu et fait servir à toutes ses passions. En fait de turpitudes, on se souvient de l’avoir vu à genoux devant un jeune homme, occupé à faire ce qu’on devine. Sa langue même lui reproche de la faire servir aux plus honteux emplois, aux actions les plus abominables. Foulée, souillée de toutes les manières, il faut encore que de langue elle devienne main et se trouve inondée d’impuretés. Aussi lorsqu’il voulut se marier à Cyzique, celle qu’il songeait à épouser, édifiée sur ses mœurs, s’écria : « Je ne veux pas d’un mari qui lui-même en a besoin[90]. »
[90] Lucien, Le Pseudologiste, passim.
Y a-t-il mieux, d’autre part, comme libertinage, que ce pseudo-précepte du baiser conjugal ? « Si ta femme est enceinte, dit-il à l’époux, ne lui donne pas le baiser dans la position normale : elle aurait beau « ramer », tu serais secoué et tu te perdrais dans le gouffre. Bien plutôt retourne-la sur elle-même et jouis de ses f… de roses, tout comme si ton épouse était un bel enfant[91]. »
[91] Anthologie grecque : Epigrammes érotiques, 54.
Enregistrons enfin quelques affirmations féminines d’un cynisme désarmant : Lydé se faisait fort de satisfaire trois amants à la fois, l’un devant, l’autre derrière, le troisième avec ses lèvres : « Admitto, inquit, paediconem, mulierosum, irrumatorem. »[92]
[92] Anthologie grecque : Epigrammes érotiques, 49.
De même Nicarque, Hermogène et Cléobule se partageaient simultanément le corps d’Aristodice, chacun d’eux jouissant d’une ouverture : Nicarque du sexe, Hermogène du « siège des vents malodorants », et Cléobule de la bouche[93].
[93] Anthologie grecque : Epigrammes comiques, 328.
A la poursuite du plaisir les sens s’émoussent, et les débauches invertissent la nature, « détournant la chair de sa voie ». Les femmes se livrent aux caresses infécondes des femmes.