L’origine de la pédication se perd dans la nuit des temps ; on la retrouve à peu près partout. Cette passion fut fort commune à Ténédos et dans d’autres villes de la Grèce, les mieux policées. Ainsi les Chalcidiens d’Eubée y sont fort adonnés, et le mot Chalkididzein s’appliquait à amour des enfants[103].

[103] Suidas. Lexique : Chalkididzein. Voir le traité précis de Forberg : De figuris Veneris.

En Crète, les enfants que l’on aime sont très considérés : c’est à qui y enlèvera plutôt qu’un autre des enfants mâles. C’est même un déshonneur, pour un beau garçon de n’être pas aimé.

Si l’on en croit Timée, c’est de Crète que cet amour passa d’abord en Grèce.

Les Celtes qui, de tous les Barbares, ont les plus belles femmes, préfèrent l’amour des garçons ; de sorte que plusieurs en ont souvent deux couchés avec eux sur les peaux où ils reposent.

Alexandre était extrêmement passionné à cet égard. Dicéarque rappelle qu’Alexandre offrant un sacrifice à Ilion, et ayant conçu un violent amour pour l’eunuque Bagoas, il le baisa en présence de milliers de spectateurs.

Talon aime Rhadamante le Juste ; Hercule fut l’objet de la passion d’Eurystée. Agamemnon prit Argynne pour Mignon après l’avoir vu nager dans le Céphise. Aristoclès le Citharède fut celui du roi Antigonus.

A Mégare, les plus grands honneurs étaient réservés aux beaux garçons, appelés à se mesurer en des concours de baisers. Dans ces jeux, on distribuait aussi un prix à celui qui, colorant le mieux cette passion, en faisait mieux sentir les agréments et les charmes.

Le poète Sophocle aimait les jeunes garçons ; et, loin de cacher son vice, il se plaisait à user de stratagèmes habiles pour embrasser devant tous les convives les jeunes échansons lorsqu’ils étaient séduisants.

Théopompe raconte qu’Odomarque ayant joui du fils de Pythodore de Sicyone, fort beau jeune homme, lorsqu’il vint à Delphes consacrer sa chevelure (comme le faisaient les jeunes gens à leur entrée dans la puberté), lui donna quatre petites étrilles d’or servant à déterger la peau après le bain, consacrées autrefois par les Sybarites, et qui avaient été enlevées du temple[104].