Les lois anciennes consacraient, en matière matrimoniale, la souveraineté masculine. Les Grecs achetaient leurs femmes. Dans Homère, Agamemnon offre une de ses filles à Achille, en échange de ses services ; Othryonée demande à Priam sa fille Cassandre pour prix des secours qu’il lui apporte ; Boros obtient celle de Pellé, moyennant une forte somme ; enfin, Hector avait acheté Andromaque à son père Eetion[7].

[7] Homère, Iliade, IX, 145, 288 ; XVI, 178, 190, 472.

L’union de l’homme et de la femme n’est d’ailleurs formée que pour la procréation d’enfants légitimes. Au jour du mariage, le père ou le tuteur de la fiancée prononçait la formule sacramentelle : « Je vous l’accorde afin que vous donniez des citoyens à la république. »

Aussi l’âge légal du mariage pour le mari est-il l’âge de la puberté, c’est-à-dire dix-huit ans. La femme, quoique impubère, peut être donnée par contrat, mais la consommation du mariage ne peut avoir lieu qu’après que la femme a atteint la majorité requise pour le mariage. Il ne semble pas cependant qu’un âge ait été fixé par la loi : d’après un plaidoyer de Démosthène, ce serait quinze ans, tandis que Xénophon semble dire qu’une jeune fille pouvait affronter le baiser conjugal à treize et même à douze ans[8].

[8] Xénophon, Économiques, VII, 5.

Des sacrifices religieux précédaient la célébration du mariage, pour solliciter des dieux la fécondité de l’union des deux époux. La veille de la cérémonie avait lieu la loutrophorie, ou bain nuptial. En Troade, les fiancés se baignaient dans le Scamandre en prononçant rituellement : « Reçois, ô Scamandre, ma virginité. » Les Athéniens se servaient de l’eau de la fontaine Callirhoé, et le bain nuptial était apporté à la fiancée par un cortège de jeunes gens et de jeunes filles, en musique[9].

[9] Collignon-Couve, Catalogue des vases du Musée national d’Athènes, no 1225.

Au jour du mariage, le banquet réunissait parents et amis, qui se réjouissaient sans contrainte du grand acte. La mariée, entièrement couverte d’un voile, y assistait, placée au milieu des femmes : il lui était servi un gâteau de sésame, emblème de fécondité, parce que le sésame est, de toutes les graines, celle qui se reproduit le plus abondamment[10].

[10] Aristophane, La Paix.

Après le repas, la mariée était conduite en char à la maison de l’époux, au son des chants d’hymen :