[16] Plutarque, Solon, XXVI, XXIX.
Plutarque ajoute à ce code un peu sec des préceptes plus tendres :
« On demandait à une jeune Lacédémonienne si elle s’était approchée de son mari : « Non, répondit-elle, mais il s’est approché de moi ». C’est ainsi que devra se conduire une épouse pudique ; ne fuyant ni ne recevant d’un air morose les avances de son mari, jamais non plus elle ne les provoquera. L’une se sent de la courtisane effrontée ; l’autre manque de grâce et d’amour, et devient une preuve d’indifférence ou de dédain. »
« Partout et toujours il faut que les époux évitent de s’offenser ; mais ils le doivent surtout lorsqu’ils reposent ensemble sur l’oreiller ; car il serait difficile de trouver le temps et le lieu où puissent s’apaiser les discordes, les querelles et les colères qui naîtraient dans cet asile du repos et de la tendresse. »
« Saint et respecté doit être l’acte mystérieux qui, comme le labourage pour la terre, est l’origine de la fécondité conjugale, dont la naissance des enfants est le but et la fin naturelle. En raison de son caractère sacré, l’homme et la femme unis par le mariage ne doivent s’approcher que religieusement et sagement de cette source de la vie, et il n’est pas pour eux de devoir plus impérieux que de s’abstenir de toute conjonction illicite ; de regarder comme un crime toute tentative de n’en recueillir aucun fruit, ou de se laisser aller, quand ce fruit est produit, à en rougir ou à le cacher. »[17]
[17] Platon, Préceptes du mariage, traduction du Dr Seraine, 17, 38, 41.
Les pratiques que, depuis un siècle environ, nous avons dénommées « malthusiennes », étaient nécessairement condamnées ; cependant tout baiser charnel nécessitait une purification. Myrrhine, pressée par Cinésias de satisfaire au devoir conjugal alors qu’elle a fait, devant ses consœurs, serment d’abstinence, se défend par tous les moyens :
— Mais, malheureux, où faire cela ?
— Dans la grotte de Pan, nous y serons au mieux.
— Mais comment me purifier, pour rentrer à la citadelle ?