— Tu te laveras à la Clepsydre[18].
[18] Aristophane, Lysistrata.
Le gynécée, ou appartement des femmes, était un ensemble de deux cours autour desquelles se groupaient une vaste salle commune et des salles de dimensions diverses, chambres à coucher, cuisines ou magasins. Des murs épais enserraient et fermaient cet appartement comme un harem ; deux seules issues, l’une, vers les propylées, c’est-à-dire la grande porte d’honneur ; l’autre, par une suite de couloirs détournés, vers l’appartement des hommes[19].
[19] Perrot et Chipiez, Histoire de l’art dans l’antiquité, VI, pl. 11.
La matrone athénienne ne sortait guère du gynécée ; elle ne devait assister ni aux jeux publics, ni aux représentations théâtrales. Elle ne paraissait dans les rues que voilée et décemment vêtue, sous peine d’une amende de mille drachmes infligée par les magistrats dits gynecomi : et la sentence était affichée aux platanes du Céramique[20].
[20] De Pauw, Recherches philosophiques sur les Grecs, t. I, p. 114.
Mais toutes ces « précautions inutiles » n’empêchaient pas les femmes de prendre goût au luxe, à la toilette, aux repas somptueux, aux fêtes et aux plaisirs du monde. Les Athéniennes se livrèrent même avec fureur au hideux maquillage.
« Le noir dont on peint les yeux, les faux cheveux qu’on ajoute, le rouge dont on couvre les joues, la teinture avec laquelle on colore les lèvres, tous les onguents enfin que fournit l’art de la cosmétique, sans compter l’éclat trompeur qu’on tire du fard, sont autant d’inventions destinées à remplacer ce qui est absent. Quant au fucus, à la céruse, aux tissus transparents de Tarente, aux bracelets en forme de serpents, aux chaînes d’or qu’on met aux pieds, tout cela est bon pour les Thaïs, les Laïs et les Aristagora. »[21]
[21] De Pauw, Recherches philosophiques, I, 114 sq. ; — Lettres galantes de Philostrate, traduction Stéphane de Rouville, 2, 40.
D’après Aristophane, l’Athénienne se parfumait les mains et les pieds avec des essences d’Egypte, versées dans un bassin incrusté d’or, les joues et les seins avec des odeurs de Phénicie, les cheveux avec de la marjolaine, les cuisses avec de l’eau de serpolet.