Convaincus dès lors que, par décret des dieux, Cyrus, n'ayant pu boire l'eau du Choaspes, ne devait pas posséder leur sol, les Mèdes, enhardis, esquissèrent un mouvement de révolte. Ce fut à grand'peine que les soldats perses rangés autour du trône protégèrent Cyrus contre les attaques de la multitude.
Fâcheusement impressionné par l'événement, le conquérant partit le lendemain vers d'autres contrées, laissant en Médie une forte garnison apte à maîtriser la rébellion naissante.
Et jamais, dans la suite, Cyrus ne parvint à soumettre entièrement les Mèdes, qui, regardant chaque jour avec confiance, vu l'incident de la coupe, leur délivrance comme prochaine, travaillaient sourdement sans relâche à secouer le joug des Perses.
Hérodote présente le fait comme une légende. Mais, suivant Canterel, rien, au point de vue scientifique, ne s'opposait à ce qu'un or géologiquement doté de tels éléments chimiques spéciaux exerçât sur une masse liquide un sérieux pouvoir attractif. Considérant donc l'aventure comme plausible, toujours le maître avait nourri le projet—hasardeux certes, mais défendable—de faire chercher dans les plus secrets replis de la fameuse mine quelque second lingot ravisseur d'eau.
Il avait un jour exposé son plan à l'archéologue Derocquigny, prêt à partir pour entreprendre une série de fouilles non loin du mont Elvend, qui n'est autre que l'ancien Arouastou.
Enthousiasmé par l'idée, Derocquigny, une fois sur les lieux, creusa le sol juste à l'endroit—nettement déterminé par Hérodote—d'où les gens de Cyrus avaient extirpé leur bloc massif.
Après de longs et actifs sondages, l'archéologue trouva une lourde pépite qui, donnant raison à Canterel, auquel il s'empressa de l'expédier, attirait l'eau avec force.
Le maître, essayant de secouer vigoureusement le précieux spécimen au sortir d'une bassine pleine, vit la masse d'eau captée se projeter au loin en tous sens puis revenir fidèlement à l'or qui la subjuguait.
Des mouvements continuels et baroques étant nécessaires pour bien mettre en relief les vertus attractives du curieux métal, Canterel tâchait de faire exécuter à sa main les plus capricieux et fréquents sursauts.