Mais ses gestes, par leur côté conscient et volontaire, lui semblaient inférieurs, sous le rapport de l'effet rendu, à l'agitation imprévue qu'eût provoquée sans arrière-pensée quelque être ignorant du but poursuivi.
Or toute personne, même bornée ou folle, eût, à un degré quelconque, agi en connaissance de cause, et, d'avance, n'importe quelle machine, à travail forcément invariable et précis, allait au rebours de ses désirs.
Seul un animal, vivant et incompréhensif à la fois, pouvait donner à la manœuvre tout l'inattendu exigé.
Ayant reçu la pépite peu de temps après son retour de Marseille, au moment de ses études sur les iriseaux, Canterel jugea que les folles évolutions caudales de la femelle éprouvant ses œufs lui donneraient des résultats inespérés, en portant jusqu'à l'anxiété les sentiments de ceux qui guetteraient les cabrioles de l'eau.
Il fit transformer la pépite en une plaque spéciale qui, fixée sous le dais naturel d'une iriselle, happa le contenu presque entier d'un récipient d'eau placé dans sa zone d'appel au moment d'une sélection d'œufs. L'étrange queue, trop puissante pour souffrir de sa double surcharge, assaillit les coquilles en imprimant à la vague suspendue au-dessous d'elle les effarants brimbalements fortuits ardemment souhaités par le maître.
Séduit par cette scène rapide, Canterel nous en avait réservé pour aujourd'hui une fidèle reprise.
Calme dans sa cage, l'iriselle couvait son œuf si posément que l'eau accrochée bougeait à peine sous la plaque d'or.
*
* *
A deux mains Félicité saisit sur sa table une gerbe d'orties dont chaque tige, comme celle d'une fleur montée, s'unissait par l'étreinte d'un fil de fer en spires à une mince baguette la prolongeant.