Le décor voulu fut édifié dans la glacière et complété par les accessoires-souvenirs, que le poète avait religieusement gardés jusqu'à sa fin, provoquée par une affection rénale. On n'oublia pas d'établir un autel en ruines et une gisante statue cassée de la Vierge ayant les bras posés à souhait.

Pour donner le champ libre au défunt, on dut enlever à l'Enfant Jésus l'onguent et le bonnet qui le paraient depuis si longtemps puis effacer des deux livres les fragiles caractères d'or.

Dès lors, le cadavre agit de temps à autre devant Clotilde en larmes. Adolescent déjà, Florent assistait près de sa mère à la troublante résurrection, qui procurait aux deux affligés quelques instants de douce illusion.

On ôtait de nouveau, après chaque séance, à la tête de pierre son enduit rose et sa coiffure, aux deux livres leur texte doré.

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2o Mériadec Le Mao, décédé à quatre-vingts ans.

Vite reconnue par Rozik Le Mao, sa veuve, la scène qu'il accomplit était de fort touchant caractère.

Les époux Le Mao avaient passé toute leur vie en Bretagne, dans leur ville natale, Plomeur, qui, pleine encore de couleur locale et fidèle aux vieilles traditions, garde notamment en vigueur une curieuse coutume concernant la célébration des noces d'or.

Là, tout couple arrivant à compter cinquante années de chaîne conjugale va en cérémonie, au jour anniversaire de son lointain hymen, entendre une messe à Sainte-Ursule, la plus ancienne église de la localité.

Au milieu de l'office, le prêtre, après une courte allocution, extrayant d'un précieux coffret de métal un grand et vieil étau en feutre couleur fer du plus simple modèle, descend vers les deux époux, qui se lèvent, puis, les postant l'un en face de l'autre, fait s'étreindre leurs mains droites, pour mettre aussitôt le tout bien uni qu'elles composent entre les mâchoires ouvertes du faux outil.