L’épitaphe qu’un moine chrétien lui posa dans sa chronique, n’est pas moins caractéristique. «Dans l’année 1002, dit-il, mourut Almanzor; il fut enseveli dans l’enfer[360].» Ces simples paroles, arrachées par la haine à un ennemi terrassé, en disent plus que les éloges les plus pompeux.

Jamais, en effet, les chrétiens du nord de la Péninsule n’avaient eu un tel adversaire à combattre. Almanzor avait fait contre eux plus de cinquante campagnes (ordinairement il en faisait deux par an, l’une dans le printemps, l’autre dans l’automne), et toujours il s’en était tiré à sa gloire. Sans compter une foule de villes, parmi lesquelles il y avait trois capitales, Léon, Pampelune[361] et Barcelone, il avait détruit le sanctuaire du patron de la Galice et celui du patron de la Castille. «En ce temps-là, dit un chroniqueur chrétien[362], le culte divin fut anéanti en Espagne; la gloire des serviteurs du Christ fut entièrement rabaissée; les trésors de l’Eglise, accumulés pendant des siècles, furent tous pillés.» Aussi les chrétiens tremblaient-ils à son nom. L’effroi qu’il leur inspirait le tirait parfois des périls dans lesquels son audace l’avait précipité; même quand ils l’avaient pour ainsi dire en leur pouvoir, ils n’osaient pas profiter de leur avantage. Une fois, par exemple, il s’était engagé en pays ennemi après avoir traversé un défilé resserré entre deux hautes montagnes. Tant que ses troupes pillaient et ravageaient à droite et à gauche, les chrétiens n’osèrent rien faire contre elles; mais en retournant sur ses pas, Almanzor trouva que les ennemis avaient pris possession du défilé. Comme il n’y avait pas moyen de le forcer, la situation des musulmans était périlleuse; mais leur général prit aussitôt une résolution hardie. Ayant cherché et trouvé un endroit, qui fût à sa convenance, il y fit élever des baraques et des huttes, après quoi il ordonna de couper la tête à plusieurs captifs et d’amonceler leurs cadavres en guise de remparts. Puis, comme sa cavalerie parcourait le pays sans trouver des vivres, il fit rassembler des instruments de labourage et enjoignit à ses soldats de cultiver la terre. Les ennemis s’inquiétèrent fort de ces préparatifs qui semblaient indiquer que les musulmans ne quitteraient plus leur pays. Ils leur offrirent donc la paix à condition qu’ils leur abandonneraient leur butin. Almanzor repoussa cette proposition. «Mes soldats, répondit-il, veulent rester où ils sont; ils pensent qu’ils auraient à peine le temps de retourner dans leurs foyers, la campagne prochaine devant s’ouvrir sous peu.» Après plusieurs négociations, les chrétiens consentirent enfin à ce qu’Almanzor emmenât son butin, et ils s’engagèrent en outre (tant la peur qu’il leur inspirait était grande) à lui prêter leurs bêtes de somme pour le transporter, à lui fournir des vivres jusqu’à ce qu’il fût parvenu aux frontières musulmanes, et à enlever eux-mêmes les cadavres qui obstruaient sa route[363].

Dans une autre campagne, un porte-étendard avait, au moment de la retraite, oublié son drapeau qu’il avait fiché en terre sur le sommet d’une montagne qui se trouvait dans le voisinage d’une ville chrétienne. Le drapeau y resta plusieurs jours, sans que les chrétiens osassent venir s’assurer si les musulmans étaient partis ou non[364].

On raconte aussi qu’un messager d’Almanzor, qui était venu à la cour de Garcia de Navarre, où il fut comblé d’honneurs, trouva dans une église une vieille femme musulmane, qui lui raconta qu’ayant été faite prisonnière dans sa jeunesse, elle avait été depuis lors esclave dans cette église, et qui le supplia d’attirer sur elle l’attention d’Almanzor. Le lui ayant promis, il retourna auprès du ministre et lui rendit compte de sa mission. Quand il eut fini de parler, Almanzor lui demanda s’il n’avait pas vu en Navarre quelque chose qui l’eût blessé. L’autre lui ayant parlé alors de l’esclave musulmane: «Vive Dieu! s’écria Almanzor, c’est par là que tu aurais dû commencer;» et se mettant aussitôt en campagne, il se porta vers la frontière de la Navarre. Extrêmement effrayé, Garcia lui écrivit aussitôt pour lui demander quelle faute il avait commise, attendu qu’il n’avait pas conscience d’avoir fait rien qui pût provoquer sa colère. «Quoi! dit alors le ministre aux messagers qui lui apportaient cette lettre, ne m’avait-il pas juré qu’il ne restait dans son pays aucun prisonnier musulman de l’un ou de l’autre sexe? Eh bien! il a menti; j’ai acquis la certitude qu’il y a encore une musulmane dans telle et telle église, et je ne quitterai pas la Navarre avant qu’elle n’ait été remise entre mes mains.» Ayant reçu cette réponse, Garcia s’empressa d’envoyer au ministre la femme qu’il réclamait ainsi que deux autres qu’il avait découvertes à force de recherches. En même temps il lui fit jurer qu’il n’avait jamais vu ces femmes, ni même entendu parler d’elles, et il ajouta qu’il avait déjà donné l’ordre de détruire l’église dont Almanzor avait parlé[365].

Autant Almanzor était l’effroi de l’ennemi, autant il était l’idole de ses soldats. C’est que pour eux il était un père qui s’occupait avec une constante sollicitude de tous leurs besoins. Cependant il était d’une sévérité excessive en tout ce qui concernait la discipline militaire. Un jour qu’il inspectait des troupes, il vit briller à contre-temps une épée à l’extrémité de la ligne. Aussitôt il fit amener le coupable devant lui. «Quoi! lui dit-il le regard enflammé de colère, tu oses tirer l’épée sans qu’on te l’ait commandé?—Je voulais la montrer à mon camarade, balbutia le soldat; je n’avais pas l’intention de la tirer du fourreau, elle en est sortie par hasard....—Vaine excuse! dit Almanzor; puis, s’adressant à son entourage: Que l’on coupe la tête à cet homme avec sa propre épée, poursuivit-il, et qu’on la promène à travers les rangs, afin que chacun apprenne à respecter la discipline!» De tels exemples répandaient parmi les soldats une terreur salutaire. Aussi gardaient-ils un silence solennel quand ils étaient passés en revue. Même les chevaux, dit un auteur arabe, semblaient comprendre leur devoir; il était rare qu’on les entendît hennir[366].

Grâce à cette armée qu’il avait créée et rompue à l’obéissance, Almanzor avait donné à l’Espagne musulmane une puissance qu’elle n’avait jamais eue, pas même du temps d’Abdérame III. Mais ce n’était pas là son seul mérite; sa patrie lui avait bien d’autres obligations, et la civilisation lui en a aussi. Il aimait et encourageait la culture de l’esprit, et quoique forcé par des considérations politiques à ne point tolérer les philosophes, il se plaisait cependant à les protéger aussitôt qu’il pouvait le faire sans blesser la susceptibilité du clergé. Il arriva, par exemple, qu’un certain Ibn-as-Sonbosî fut arrêté et mis en prison comme suspect d’incrédulité. Plusieurs personnes ayant rendu témoignage contre lui, les faquis déclarèrent qu’il méritait le dernier supplice. Cette sentence était déjà sur le point d’être exécutée, lorsqu’un faqui fort considéré, Ibn-al-Macwâ, qui avait refusé longtemps de faire partie de l’assemblée, arriva en toute hâte. A force de sophismes fort étranges, mais qui faisaient honneur, sinon à sa logique, du moins à son bon cœur, il sut faire révoquer l’arrêt qui condamnait l’accusé, malgré la véhémente opposition du cadi qui présidait le tribunal. Dès lors la colère du ministre se tourna contre ce dernier. Heureux d’être enfin en état de mettre un frein au farouche fanatisme des bigots: «Nous devons soutenir la religion, dit-il, et tous les vrais croyants ont droit à notre protection. Ibn-as-Sonbosî est de ce nombre, le tribunal l’a déclaré. Cependant le cadi a fait des efforts inouïs pour le faire condamner; c’est donc un homme qui aime à répandre le sang, et il ne nous est pas permis de laisser vivre un tel homme.» Ce n’était qu’une menace; le cadi en fut quitte pour quelques jours de prison; mais il est présumable que dans la suite il aura été un peu moins rigoureux pour les pauvres penseurs qui osaient s’affranchir des dogmes reçus[367].

Les hommes de lettres trouvaient auprès d’Almanzor l’accueil le plus honorable; il avait à sa cour une foule de poètes qu’il pensionnait et qui parfois l’accompagnaient dans ses campagnes. Parmi eux Çâid, de Bagdad, était, non pas le plus illustre, mais le plus remarquable et le plus amusant. On ne peut nier—quoique les Andalous, toujours extrêmement jaloux des étrangers, se plussent à le faire—on ne peut nier qu’il ne fût un poète de talent, un bon romancier, un habile improvisateur; mais c’était en même temps un homme qui avait très-peu de respect pour la vérité, l’imposteur le plus hardi que l’on puisse s’imaginer. Une fois lancé, rien ne l’arrêtait; il débitait alors tant de choses que c’était une merveille. Quand on lui demandait d’expliquer un mot qui n’avait jamais existé, il avait toujours une interprétation à donner et un vers d’un ancien poète à citer. A l’en croire, il n’y avait livre qu’il n’eût lu. Voulant le démasquer, les littérateurs lui montrèrent un jour, en présence d’Almanzor, un livre en feuilles blanches sur la première desquelles ils avaient écrit: Livre sur les pensées ingénieuses, par Abou-’l-Ghauth Çanânî. Il n’y avait jamais eu ni un tel ouvrage, ni un auteur de ce nom; néanmoins, dès qu’il eut jeté un coup d’œil sur le titre: «Ah! j’ai lu ce livre,» s’écria-t-il, et, le baisant avec respect, il nomma la ville où il l’avait lu et le professeur qui le lui avait expliqué. «Dans ce cas, lui dit alors le ministre, qui s’empressa de lui prendre le livre des mains de peur qu’il ne l’ouvrît, tu dois savoir ce qu’il contient.—Mais certainement que je le sais. Il est vrai qu’il y a déjà longtemps que j’ai lu cet ouvrage et que je n’en sais plus rien par cœur, mais je me rappelle fort bien qu’il contient seulement des observations philologiques, et qu’il n’y a aucun vers ni aucune histoire.» Et tout le monde de rire aux éclats. Une autre fois Almanzor avait reçu d’un gouverneur, qui s’appelait Mabramân ibn-Yézîd, une lettre où il était question de calb et de tazbîl, c’est-à-dire de culture et d’engrais. S’adressant à Çâid: «As-tu vu, dit-il, un livre écrit par Mabramân ibn-Yézîd et qui porte le titre d’al-cawâlib wa-’z-zawâ-lib?—Ah, par Dieu! oui, lui répondit Çâid, j’ai vu ce livre à Bagdad dans une copie qui avait été faite par le célèbre Ibn-Doraid, et sur les marges de laquelle il y avait des traits comme des pattes de fourmi.—Imposteur que tu es! Le nom que j’ai prononcé n’est pas celui d’un écrivain, mais celui d’un de mes gouverneurs, qui, dans une lettre qu’il m’a envoyée, me parle de culture et d’engrais.—Fort bien, mais n’allez pas croire pour cela que j’aie inventé quelque chose, moi qui n’invente jamais rien. Le livre et l’auteur que vous avez nommés existent, je vous en donne ma parole d’honneur, et si votre gouverneur porte le même nom que cet écrivain, c’est une remarquable coïncidence, voilà tout.» Une autre fois encore Almanzor lui montra le Recueil que le célèbre Câlî avait composé. «Si vous le désirez, lui répondit aussitôt Çâid, je dicterai à vos secrétaires un livre bien plus beau que celui-là et dans lequel je ne raconterai que des histoires qui ne se trouvent pas dans le livre de Câlî.—Fais comme tu le dis,» lui répondit Almanzor, qui ne demandait pas mieux que de se voir dédier un livre plus remarquable encore que celui que Câlî avait dédié au feu calife, car, s’il avait fait venir Çâid en Espagne, il l’avait fait précisément parce qu’il espérait qu’il éclipserait la gloire de Câlî, qui avait illustré les règnes d’Abdérame III et de Hacam II. Çâid se mit sur-le-champ à l’œuvre, et dans la mosquée de Zâhira il dicta ses Châtons de bague. Quand le livre fut achevé, les littérateurs de l’époque l’examinèrent. A leur grande surprise, mais aussi à leur secrète satisfaction, ils trouvèrent que d’un bout à l’autre ce n’étaient que des bourdes. Explications philologiques, anecdotes, vers, proverbes, tout était de l’invention de l’auteur. Ils le déclarèrent du moins, et Almanzor les crut. Cette fois il fut réellement fâché contre Çâid, et il fit jeter son livre dans la rivière. Cependant il ne lui retira pas sa faveur. Depuis que Çâid lui avait prédit que Garcia, le comte de Castille, serait fait prisonnier (prédiction qui, comme nous l’avons vu, s’était accomplie), il avait conçu pour lui une grande affection, ou plutôt un respect superstitieux. Et puis, le poète lui témoignait sa reconnaissance de mille manières, et c’est à quoi Almanzor était fort sensible. Une fois, par exemple, il eut l’idée de rassembler toutes les bourses qu’Almanzor lui avait envoyées remplies d’argent, et d’en faire faire une robe pour son esclave noir Câfour; puis il se rendit au palais, et, ayant réussi à mettre le ministre de bonne humeur: «Seigneur, lui dit-il, j’ai une prière à vous faire.—Que désires-tu donc?—Que mon esclave Câfour vienne ici.—Etrange demande!—Accordez la-moi.—Eh bien! qu’il vienne si cela te plaît.» Câfour, un homme grand comme un palmier, entra alors, couvert de sa robe de diverses couleurs, qui ressemblait à l’habit rapiécé d’un mendiant. «Le pauvre homme! s’écria le ministre; comme il est mal accoutré! Pourquoi lui mets-tu des guenilles?—Ah! voilà justement le fin de la chose! Sachez, seigneur, que vous m’avez déjà donné tant d’argent que les bourses qui le contenaient ont suffi pour vêtir un homme de la taille de Câfour.» Un sourire de satisfaction monta aussitôt sur les lèvres d’Almanzor. «Tiens, dit-il, tu as un tact admirable pour me montrer ta gratitude; je suis content de toi;» et à l’instant même il lui fit remettre de nouveaux présents parmi lesquels se trouvait un beau costume pour Câfour[368]. Enfin, il faut bien le dire, si des hommes tels que Çâid jouissaient de la faveur du ministre, c’est qu’en fait de littérature celui-ci n’avait pas la finesse de tact que possédaient la plupart des Omaiyades. Il croyait de son devoir de pensionner des poètes, mais il les considérait un peu comme les objets d’un luxe auquel il était obligé par sa haute position, et il n’avait pas assez de délicatesse dans l’esprit pour distinguer les vrais diamants d’avec les faux.

En revanche, si la portée de son esprit n’était pas tout à fait littéraire, elle était éminemment pratique. Les intérêts matériels du pays trouvaient en lui un protecteur très-éclairé. L’amélioration des moyens de communication le préoccupait sans cesse. Il fit frayer une foule de routes. A Ecija il fit jeter un pont sur le Xenil, à Cordoue il en fit bâtir un autre sur le Guadalquivir, qui coûta cent quarante mille pièces d’or[369].

En toutes choses, qu’elles fussent grandes ou petites, il avait le coup d’œil du génie. Quand il voulait entreprendre une affaire importante, il consultait ordinairement les dignitaires, mais il suivait rarement leurs conseils. Ces hommes ne sortaient jamais de l’ornière de l’habitude; esclaves de la routine, ils savaient ce qu’Abdérame III ou Hacam II avait fait dans une circonstance pareille, et ils ne comprenaient pas qu’on pût faire autrement. Puis, quand ils voyaient Almanzor suivre sa propre idée, ils s’écriaient que tout était perdu, jusqu’à ce que l’événement donnât à leurs prévisions le plus éclatant démenti[370].

Quant à son caractère, il est vrai que, pour arriver au pouvoir et pour s’y maintenir, il avait commis des actes que la moralité condamne, et même des crimes que nous n’avons nullement essayé de pallier; mais la justice nous ordonne d’ajouter ici que, pourvu que son ambition ne fût pas en jeu, il était loyal, généreux et juste. La fermeté, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, formait le fond de sa nature. Une fois qu’il avait pris un parti, rien ne pouvait l’en faire changer. Quand il le voulait, il supportait la douleur physique avec la même impassibilité que la douleur morale. Un jour qu’il avait mal au pied, il se le fit cautériser pendant une séance du conseil. Il parlait comme si de rien n’était, et les membres du conseil ne se seraient pas aperçus de l’opération, si l’odeur de la chair qui brûlait ne les en eût avertis[371]. Tout chez lui révélait une volonté et une persévérance extraordinaires; il persistait dans ses amitiés comme dans ses haines; jamais il n’oubliait un service, et jamais aussi il ne pardonnait une offense. C’est ce qu’éprouvèrent ses condisciples auxquels, tout jeune encore, il avait donné la liberté de choisir les postes qu’ils voudraient occuper au cas où il deviendrait premier ministre[372]. Les trois étudiants qui à cette occasion avaient feint de prendre sa proposition au sérieux et qui avaient nommé les emplois qu’ils ambitionnaient, les obtinrent en effet sous son ministère, tandis que le quatrième, qui avait parlé d’une manière inconvenante, expia son imprudence par la perte de ses biens[373]. Parfois, cependant, quand il avait tort et qu’il le sentait, il réussissait à vaincre l’opiniâtreté de son caractère. Un jour qu’il était question d’une amnistie à accorder, il parcourait la liste des prisonniers, lorsque son regard tomba sur le nom d’un de ses serviteurs contre lequel il avait conçu une haine violente et qui était depuis longtemps en prison, sans qu’il eût mérité d’être traité de la sorte. «Celui-là, écrivit-il sur la marge, restera où il est jusqu’à ce que l’enfer vienne le réclamer.» Mais la nuit venue, il chercha en vain le repos; sa conscience le tourmentait, et dans cet état intermédiaire qui n’est ni le sommeil ni la veille, il crut voir un homme d’une laideur repoussante et d’une force surhumaine, qui lui disait: «Rends la liberté à cet homme, sinon tu seras puni de ton injustice!» Il tâcha encore de chasser ces noires visions, mais n’y réussissant pas, il se fit apporter sur son lit ce qu’il faut pour écrire, après quoi il dressa l’ordre de mettre le prisonnier en liberté, mais en ajoutant ces mots: «Cet homme doit sa liberté à Dieu, et Almanzor n’y a consenti qu’à regret[374]