Une voix lointaine soufflait :
— « Et Paolo, montrant le cadavre, leur dit : Un homme en blouse, entré et sorti par cette fenêtre, a poignardé le comte, emmené l'ouvrière. LA FIN A DEMAIN. » Ah! je ne veux pas mourir. LA FIN, LA FIN! Mon Dieu! que je vive seulement jusqu'à demain, jusqu'au jour! Dis, Jeanne, tu me feras vivre jusqu'à demain? Jeanne, Jeanne, ma petite chérie, écoute bien! quand ça serait ma dernière heure, ma dernière minute, tu me le lirais, n'est-ce-pas? le feuilleton de LA FIN, comme tu m'as lu tous les autres? Dis, tu me le jures? Dis, dis? LA FIN, LA FIN!
— Pensez à votre âme, récita le prêtre, dès la porte, demandez pardon à Dieu de vos fautes, mourez chrétienne. Sa miséricorde infinie n'attend qu'un mot, un signe, une pensée de regret, un acte de foi et de soumission à sa divine volonté pour vous ouvrir ses bras cléments!
— LA FIN, LA FIN! Je veux savoir. Non, non, pas mourir encore!
— Résignez-vous, mon enfant! Dites seulement : Seigneur pardonnez-moi, parce que j'ai péché! Si vous saviez comme il est bon, comme il aime ses créatures même pécheresses! Bientôt vous le saurez, si le repentir… Vous saurez…
— Je saurai, je saurai! Là haut je saurai LA FIN?
Elle s'était dressée, les yeux brûlés aux flammes du désir. Le vent d'outre-vie la coucha disant :
« Alors, je puis mourir. »
PRESCIENCE
Elle ouvrit sa fenêtre :