Puis elle dit :
— J'ai peur que mon mari n'ait quelque amour en tête, ou quelque amourette.
— Amourette? dit la princesse. Le mot est joli. Amourette, cela ne doit pas être grave, cela?
— Grave? Non, l'amourette passe et l'amour reste. Mais je ne sais. C'est peut-être un véritable amour qui l'éloigne de moi. J'en ai bien peur.
— Je ne comprends presque rien à tout cela, dit la princesse, mais je voudrais vous voir heureuse comme je le suis moi-même. A moi, pour cela, il ne faut rien que la vie qui passe et que je respire. A vous, puisqu'il vous faut l'amour, j'essaierai, je vous le répète, de vous secourir. La parole de sa princesse touchera son cœur… Eh! ma bonne amie, c'est peut-être moi qu'il adore?
— Peut-être, hélas!
— Pourquoi hélas? Si c'est moi, vous êtes sauvée.
A ce moment, le garde du corps entra et vint saluer la princesse.
— Monsieur, lui dit-elle, je vous recevrai à six heures au palais, en audience particulière.
Elle se leva et sortit.