— Tantôt, nous reprendrons tantôt… Calmez-vous… Ne dites plus rien.
Deux heures plus tard, seul avec Catherine dans sa cellule, le juge lui disait :
— Mon enfant, il n'y a d'autres preuves contre vous que vos aveux possibles. Aussi je ne vous interrogerai plus. Plus tard, vous me direz tout.
— Plus tard? dit Catherine. Savez-vous si vous me reverrez?
— Je désire vous revoir. N'aurai-je pas été bon pour vous? Mon enfant, je ne dis pas cela pour m'en faire un titre ; mais si je ne vous sauve pas de la mort, je vous sauve sans doute de la prison, et certainement de l'infamie. Ne m'en aurez-vous pas de la reconnaissance?
— Ma vie, dit Catherine, valait si peu! Et maintenant? La prison me faisait peur, la liberté me fait peur aussi.
Elle cacha sa figure dans ses mains et pleura.
— Votre amant vous attend, dit le juge, d'une voix qui tremblait un peu.
— Pleurerais-je, dit Catherine, si un amant m'attendait?
— Je puis donc vous aimer! Voulez-vous que je vous aime?