— Ce n'est pas un bon monsieur, c'est un dur à cuire. Il sera là à six heures. Maintenant, salut à la compagnie. Rompez.
— Vous allez bien boire un coup tout de même, monsieur le militaire.
— Tout de même.
Et en buvant, le militaire avait précisé l'idée qu'il se faisait de son capitaine : une belle brute.
Aux propos répétés, toute la maison avait tremblé, mais non pas Berthe. M. Bernard était allé inviter à dîner le percepteur, homme avisé, pour n'être pas seul face à face avec un être aussi redoutable.
— Nous le griserons, avait-il décidé. Ce sera le moyen d'en venir à bout!
Mme Bernard se disait, de son côté :
« Je le gâterai. Les sucreries, il n'y a que ça pour amadouer un homme. »
Berthe avait songé aussi. Elle avait songé :
« Voilà donc un homme! Je verrai enfin un homme. Ah! qu'il y a longtemps!… Peut-être qu'il me fera du mal? Peut-être! Peut-être! »