— Le sang, le sang! cria Fulvia, c’est beau, le sang, c’est de l’eau pourpre, c’est de l’eau vivante!

Un geste la fit taire et elle se rencoigna :

— Angiolo, sois sage! Le seigneur a dit que tu sois sage… Tiens, regarde, ton portrait, là, et là encore, tiens, tiens, tiens…

Et elle relevait, ingénue ou perverse, le pan de sa courte robe, dénudant ses grêles et pures hanches, le profil aimable de son ventre vierge de fruit.

Soudain (la peur donne la pudeur), elle cessa de jouer, baissa sa robe, la rentra entre ses jambes, comme une lutteuse. L’Angiolo aussi se figea en une grotesque statuette de la crainte, — et, sa main agrippée à celle de Fulvia, il tremblait.

Sansovino s’arrêta court, le poing sur sa dague.

Une voix de houle s’élevait, un aboiement d’infernale meute, — et des stridences comme de tempête, les cordages giflant les mâts, la voilure claquant avec désespoir.

— Le Tranche-têtes! le Tranche-têtes! le Tranche-têtes!

Amalio rentra.

— Eh bien?