— Va!

Alors l’adolescent entra dans le monde extérieur. Il marcha longtemps, les yeux levés sur les lointaines forêts bleues, les tours blanches sommées d’or, les fenêtres de lumière, le vol radieux des anges ; si longtemps que la nuit tomba sur le désert, et il s’endormit.

Trois fois la nuit tomba sur le désert, et trois fois l’adolescent s’endormit, la tête sur une pierre.

Le quatrième jour, au matin, comme il tendait ses bras implorants et las vers les merveilles de l’horizon, toujours aussi lointaines et toujours aussi belles, un aigle descendit et vint se poser sur la pierre où il avait dormi.

— Aigle, dit l’adolescent, aie pitié de moi, prends-moi et porte-moi là-bas, au sommet de la tour d’ivoire.

L’aigle prit l’adolescent.

— Adolescent, couche-toi sur mon dos entre mes deux ailes, et je te porterai vers la tour d’ivoire.

L’aigle s’envola, pareil à Géryon, et l’adolescent couché entre les deux ailes, tout exalté d’amour, fixait éperdu la tour blanche sommée d’or, toujours lointaine et toujours belle.

L’aigle vola longtemps, si longtemps qu’ils arrivèrent au pays où les jours sont des années et où les années sont des siècles, et toujours la tour se dressait à l’horizon parmi le vol des anges, au-dessus de la forêt bleue et du palais aux fenêtres de lumière.

Tous les siècles, l’adolescent demandait avec l’inquiétude du désir :