Floriberte n’alla plus jamais au bord de l’eau : elle avait peur des reproches et de la tristesse du grand cygne blanc.
ROSULE
I
— Eh bien, monsieur, dit Rosule, j’ai réfléchi. Vous pouvez me faire la cour, mais je vous préviens que…
Elle alla chercher dans un coin une grande poupée abandonnée depuis pas beaucoup de semaines.
— … Si, après m’avoir conquise, vous ne réalisez pas toutes les promesses de joie dont vous m’avez récité le chapelet — et dont j’ai compté soigneusement les grains de nacre — je vous briserai comme ceci…
Sèchement et sans colère, elle cogna la tête de la poupée contre le front d’une des chimères de fer qui veillaient songeuses sous la haute cheminée.
La tête de porcelaine fut mise en morceaux et Irénion ne put s’empêcher de sourire à un tel enfantillage, — mais les deux chimères de fer eurent de mystérieuses raisons de rester graves.
Rosule ensuite et Irénion, sans plus rien dire, sortirent vers les jardins qu’embellissait le soleil couchant.
Quand ils marchèrent le long d’une allée plantée de dahlias, Rosule n’apparut guère plus haute que la tige des grosses fleurs tuyautées, mais elle relevait la tête, d’où un voile attaché retombait sur ses épaules ; elle marchait droite, sérieuse et impérieuse, et c’était bien vraiment une jeune princesse ; Irénion semblait le géant commis à sa garde par une bonne fée.