— Phocas! dit le pauvre jardinier, mais je le connais, il se tient tout près d’ici. C’est un chrétien.

— Mes instructions le portent, dit Amasius.

— C’est bien lui, dit Phocas, — un chrétien absolu, un chrétien farouche, un contempteur des dieux! Je vous l’amènerai moi-même, avant le coucher du soleil. Vous tombez bien! Phocas! Ne soyez pas inquiets, il vous appartient, il est entre vos mains. Mais en attendant, puisque vous êtes mes hôtes, je vous dois toute l’hospitalité et d’abord le repas. Du pain, des légumes de mon jardin, — ce que Phocas en a laissé.

— C’est Phocas qui vous vole vos salades? demanda Amasius.

— Lui-même.

— Nous ne le ménagerons pas.

— Je l’espère bien, dit Phocas.

Phocas continua :

— Et, pour les hôtes, je détiens là, enfouie sous terre, une amphore de vin d’Asie… Moi je n’en bois jamais, l’eau du ruisseau est si bonne…

— Nous la boirons! dirent les soldats.