Fanferluche. Palfernier. Pimpernelle. Sersifis.
Le trait commun aux trois premiers de ces mots populaires c’est la transposition de l’r et de l’e, re devenu er. C’est le contre-courant de la tendance normale, qui est le changement de er en re. Berbis, latin berbicem, a donné brebis ; beryllare a donné briller. Fanfreluche vient de l’italien fanfalucca ; palefrenier, de paraveredus ; pimprenelle, de pimpinella. Ils devraient donc être : fanfeluche, palefredier et pimpenelle ; les trois formes correctes sont des corruptions.
Quant à sersifis pour salsifis, l’original étant l’italien sassefrica, le mot le plus déformé est évidemment celui qui a passé dans la langue générale. Sersifis n’est pas plus irrégulier que breuvage, de biberaticum, ou frange, de fimbria. Salsifis est sans doute plus récent que sersifis ; on y trouve, comme dans les mots suivants, l remplaçant r.
Angola. Colidor. Flanquette.
Ainsi l’italien garbo a donné garbe, encore employé par Ronsard, lequel est devenu galbe ; ainsi bureter est devenu buleter, puis bluter ; ainsi carandrion, calandre ; peregrinus, pèlerin, etc.
Angola est la déformation naturelle de Angora. Tout le monde connaît le titre du petit roman écrit au dernier siècle, Angola, histoire indienne.
Nentilles. Esquilancie
Ainsi liveau, latin libella, est devenu niveau ; ainsi colucula a donné quenouille ; ainsi marle de margula, pesle, de pessula, posterle, de posterula sont devenus marne, pène, poterne.
Dans esquilancie, c’est le changement contraire : n est devenu l. Rien de plus raisonnable ; en effet :
| Orphaninus | Orphelin |
| Quaternionem | Carillon |
| Bononia | Bologne |
| Intranea | Entrailles |