| Croistre | } | Crescere |
| Croître | ||
| Ancestre | } | Antecessor, ancessor |
| Ancêtre | ||
| Estre | } | Essere |
| Etre | ||
| Cousdre | } | Consuere |
| Coudre |
Le latin faisait ces intercalations de dentales ; on trouve dans les graffiti de Pompéi sudit pour suit, ce qui suppose sudere et consudere pour suere et consuere.
Brachet cite : tonstrix pour tonsorix et même Istraël pour Israël. Il ajoute, ce qui me dispense d’un plus long commentaire : « Le peuple, toujours fidèle à l’instinct, continue cette transformation euphonique et dit castrole pour casserole. »
Eléxir. Gérofle. Géroflée. Gengembre. Gigier.
Déformations de déformations, ces mots ne doivent pas inspirer une horreur sans mélange. Elixir est une adaptation de l’arabe al-aksir, quintessence ; gingembre, anciennement gingibre, puis gingimbre, vient de zinziber ; girofle représente le gréco-latin caryophillum, d’abord chériofle, puis gériofle ; gésier, qui est le latin gigerium, est plus anormal que gigier, et ne l’est pas moins que gisier et jugier, formes que donne encore l’abrégé de Richelet de 1761.
Chaircutier.
Cette manière de dire qui a précédé la manière actuelle, et qui est celle que J.-J. Rousseau emploie, est elle-même une déformation de chaircuitier, marchand de chair cuite. Le mot aujourd’hui en usage est assez récent, et récent aussi le verbe charcuter, qui n’a pu être fait qu’à un moment où ses éléments n’avaient plus de sens direct.
Crusocale. Poturon.
Tous les traités vous diront que y se transforme naturellement en u ; le bas latin écrit bursa et byrsa, crypta et crupta. Mais nous n’avons plus à différencier i et y et il suffira de noter que l’i latin, lui aussi, s’est changé jadis assez volontiers en u[119] :
[119] « J’ai appelé perriches celles de l’Amérique, pour les distinguer des perruches de l’ancien continent ; ce nom de perriche est assez en usage. » Buffon, Lettre à l’abbé Bexon.