Elle fait || l’hiver || elle fait || l’été

Dans le pli || de sa mante.

En général, le vers populaire est très fortement scandé, et garde, même sans musique, une allure de chant :

Je voudrais || que la rose

Fût encore || au rosier…

Ma mè || re j’ai || une au || tre sœur,

Une au || tre sœur || qu’est tant jolie…

Les strophes ou couplets varient de un jusqu’à huit vers, le refrain y joue un grand rôle, mais c’est une étude trop spéciale, trop intimement liée à la musique des chansons pour qu’il soit possible de l’introduire ici : au premier abord, la question paraît inextricable de savoir si paroles et musiques sont nées ensemble, si la musique, dans tel ou tel cas, a été faite pour les paroles, ou les paroles pour la musique.

La poésie populaire est le pays de la licence, de toutes les licences : on pourrait même dire que la licence est la seule vraie règle de sa versification. Nous venons de parler de la synérèse, qui est fondamentale : en voici bien d’autres. Vous rencontrerez des formes verbales, — déformations exigées par l’assonance, en des chansons monorimes, aussi étranges que : je cherchis, je me couchis, il s’endorma, il vena :

J’ai descendu dans mon jardin