Le petit adoré comprit mieux le baiser que les préalables divagations de son amie. Amie, il l'appelait ainsi, ou bien Folle. Mais, folle, jamais encore elle ne l'avait paru si complètement, si insolemment. La croire, ne pas la croire, c'était également dangereux: elle était capable d'imaginations bizarres, d'hallucinations,—et capable d'être vraie et sûre. Qu'avait-il compris, en somme? Le baiser. Le retour? Oui, pourtant, il faudrait savoir…
Il demanda:
—Sérieusement, à quelle heure revient-il?
—A quatre heures.
—Tu as raison, folle, nous avons le temps, mais c'est triste, triste, triste.
—Triste? pas encore, dit Amie,—et elle déshabilla petit adoré, et petit adoré dévêtit l'amie; ils jouaient, maintenant, s'excitaient comme chat et chatte; et le frêle amoureux, c'était lui qui semblait la timide femelle, car l'amie était plus grande que lui, forte, impérieuse et charnelle reine.
Ils jouèrent et ils s'aimèrent, et voilà que, penchée sur le front pâle de son amant heureux, elle le contemple…
Qu'il est pâle,—et pas un mouvement, pas un frémissement de muscles! La bouche est entr'ouverte, les yeux sont clos: il a l'air évanoui!
Son cœur, son petit cœur? Oh! qu'ils sont faibles, les battements de son petit cœur,—si faibles qu'on ne les entend pas.
Pas du tout.