—Pourtant... Que cherchez-vous?
—Le nom d'une maladie.
—La vôtre?
—Oui, répondait Pascase, avec mauvaise humeur.
*
Diomède le laissa tourner les pages, plein de pitié pour cet homme simple, droit et crédule.
«C'est vraiment un bon spécimen de la crédulité scientifique, qui ne diffère des autres que par l'objet. Il y a deux siècles, il eût défendu la Bible contre Bayle. Aujourd'hui il défend la Science—encore contre Bayle, contre l'ironie, contre le sourire. Il est de la race des croyants, race éternelle, et peut-être la vraie réserve du monde. L'homme honnête et simple croit; c'est sa fonction. Il croit la vérité enseignée par les autorités de son âge; tour à tour et quelquefois en même temps il croit à la parole de M. de Condorcet et à celle de M. de Maistre. Avide, sa foi devance l'avenir; elle devance les miracles; elle s'affirme dans toutes les possibilités conformes aux principes permis. Ce fut la théologie; ce fut la philosophie; c'est la science. L'homme naît à genoux. Il faut qu'il adore. Quand ce n'est pas un ostensoir, c'est une cornue; quand ce n'est pas l'infini, c'est un ovule...
Pascase a plusieurs croyances. Le cas est fréquent. L'une mène à l'autre et toutes s'accordent. Pascase unit dans son âme pieuse l'hygiène et le christianisme.
Mais il n'est même pas, ni lui ni ses frères d'aujourd'hui, le vrai Croyant, celui qui retient l'infini dans un grain de son chapelet ou qui allume, à la mèche d'un cierge, l'incendie surnaturel. Pascase n'est pas l'humble et admirable poète qui transmue en dieu la petite statuette de plâtre ou de bois et qui prie la pierre d'être plus humaine que lui, homme... Pascase est le croyant raisonneur...»
—J'ai trouvé! cria Pascase.