Christine allait arriver...

Elle entra, sans bruit, souriante. Elle fixa Diomède un instant, puis, sans manifester aucun sentiment, elle tendit à Pascase sa longue main pâle. Aussitôt, elle s'occupa de mesurer les murs; disposant des étoffes apportées en paquet, elle cloua, montée sur une chaise, toujours muette.

Pascase regardait effaré, mais heureux.

Diomède avait peur.

C'était bien Christine. C'était bien l'aristocrate fille habituée, malgré une déchéance, à réaliser rapidement ses volontés. Elle habillait la nudité des murs, insupportable à ses yeux sensibles; elle enfonçait les clous dans le plâtre, avec, peut-être, un secret plaisir à lever la main et à frapper... Son étroite robe noire, sa lourde chevelure fauve, et tout ce corps souple, doux, harmonieux, et cet air d'apparition... Il retrouvait tous les plaisirs de ses heures songées.

Elle parla. Sa voix était sonore, nette et vivante:

—Otez cette table. Ensuite vous irez me chercher des clous.

Pascase obéit.

*

Alors, sans descendre, sans abandonner son marteau, elle tourna et inclina la tête vers Diomède, qui disait très doucement: