Et il trembla à l'idée que ce désir eût pu être inexaucé, se méprisa de n'avoir pas mieux lu dans l'âme obscure de la petite mourante.
Cependant le prêtre, ne se voyant pas hostile, s'était agenouillé. La tête dans ses mains, il priait. Diomède trouva son attitude très belle. Son manteau rejeté en arrière, ses cheveux un peu longs lui donnaient l'air d'un grand ange noir, d'un mystérieux messager de miséricorde et de grâce. Il releva la tête, les yeux pleins de larmes.
*
Diomède surpris demanda, très bas:
—Vous pleurez, monsieur! Vous la connaissez donc?
—Non, mais toute mort me touche le cœur, répondit le prêtre, en regardant Diomède avec de grands yeux voilés, très doux. Et celle-ci me semble d'abord si douloureusement pure... J'ai entendu les aveux du délire... On ne meurt pas avec cette grâce et cet abandon en Dieu quand on a eu, même pendant une journée, une vilaine âme.
—Elle a péché, reprit Diomède, qui croyait à une méprise. Elle a même été par excellence, dans la mesure de sa force, a pécheresse.
—Je le sais. La servante m'a instruit. Qu'importe! Le péché se révèle dans la conscience d'avoir péché. En soi, les actes ne sont que des gestes; l'âme n'est guère responsable des mouvements de l'automate. Seuls ont fait le mal ceux qui ont voulu le mal. Elle a obéi au rythme de la vie, pouvait-elle le briser? La force n'est pas donnée à tout le monde. Vivre selon sa nature, c'est vivre selon Dieu...
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Fanette, les yeux ouverts tout â coup et fixes, s'agita dans un grand sursaut. Les mains, secouant les couvertures, remontèrent vers sa gorge qu'elle pressurait comme des grappes rebelles. Un souffle chargé de brumes sortait de sa bouche ouverte.