Soulevant la tête pâle aux joues marquées de feu. Diomède fit couler entre les lèvres un peu de la liqueur de paix. Alors, Fanette parut revivre; ses yeux se tournèrent doux vers les yeux de Diomède. La vue du prêtre ne lui causa aucun effroi; elle leva vers lui sa main lasse, aussitôt retombée,—et déjà les yeux se refermaient, la tête s'enfonçait...

Le prêtre posa ses lèvres sur la main de cire. Il avait l'air de vouloir être béni et absous par cette âme qui battait des ailes.

Le souffle de brumes sortait plus sourd, presque dur; les muscles du cou tremblaient; le prêtre murmura, pendant que Diomède tenait en ses mains les doigts maigres qui remuaient comme des herbes au fil de l'eau:

*

«Délivre-toi, pauvre âme, va-t'en vers la Miséricorde. L'amour te tend les bras et la pitié, sa sœur, s'agenouille pour aplanir le chemin où vont poser tes pieds nus.

Délivre-toi, pauvre âme!

Ne souffre plus, créature ingénue, va-t'en vers la Miséricorde. Que les grandes ailes blanches de l'Espoir soient les voiles de ta nef et que les bons vents du ciel te poussent vers le rivage!

Délivre-toi, pauvre âme!

Réjouis-toi, cœur plein de grâce, et va-t'en vers la Miséricorde. Allégé du péché, purifié du mensonge, entre dans le chœur des anges et deviens la viole qui redit en mélodies la pensée de l'Infini.

Délivre-toi, chère âme et, entrée dans la gloire, daigne prier pour nous, pauvres pécheurs. Ainsi soit-il.»