Elle me trouble. Je ne veux pas que l'eau du lac se moire de bulles crevées: cela me gêne quand je regarde, parmi les cailloux verts et les herbes, le jeu des bêtes noires qui sont mes pensées bien-aimées.

Inquiet, triste et libre, plutôt qu'heureux par l'abandon de mes mains! Ses cheveux pourtant feraient de belles cordes, doux comme la soie, fortes comme le chanvre...

Non. Jouer avec Fanette.

M'amusera-t-elle encore? Christine, hier, m'aurait peut-être déçu! Cyran m'a glacé. Acquérir cette âme de brume et de neige quand on a été Cyran, l'homme des paroles brèves, des gestes nets, des yeux secs. Changer, c'est peut-être déchoir.»


[III]

LA CEINTURE

L'Art désire que les femmes nues
soient ornées d une ceinture.

Quand Diomède entra, Fanette, nue, fraîche, tout adamique, les cheveux sur le dos, se promenait méditative, lisant à mi-voix un livre doux. Ayant baisé la bouche de son ami, bien cordialement, elle mit comme signet au livre doux un ruban de jarretelle qui traînait sur le divan, puis, d'une voix languide, dit:

—O Diomède! Si vous saviez comme je suis mystique!