[VII]
L'ABEILLE
Puis soudain l'abeille se taisait
buvait, les ailes calmes, la vie de la
fleur humaine.
—C'est Mauve.
Elle avait l'air tout blanc, d'un blanc triste, par sa robe incolore, ses yeux calmes, son teint pâle. Sans éclats de rire,.sans verve, sans rien de ses habituelles insolences, elle était entrée, déjà assise, sage comme une belle dame, son ombrelle sur ses genoux, disant:
—N'est-ce pas, Diomède, que Cyran est un grand peintre?
Diomède y consentit volontiers.
Elle continua:
—Tout en faisant sa peinture, ses lignes, ses couleurs fraîches comme de l'eau, il parle, il dit des choses admirables, des choses qui remuent le cœur, des choses qui m'ont bien fait réfléchir. A son atelier, mais surtout là-bas, parmi les échafaudages, enfermé dans sa grande robe blanche, il est beau, il est sacerdotal, il est divin. On dirait qu'il va repeindre le monde, un monde d'harmonie et de grâce, doux et clair, et les corps purs et vus sous les voiles diaphanes, cela signifie qu'on devrait laisser voir ainsi son âme, qu'elle fût assez belle pour qu'on ne rougît point de la montrer.