—Je ne veux pas donner, pas encore, pas encore!... Mais tout ce qui ne donne pas... Tiens, mes bras! Tiens, mes épaules!... Ah! tu aimes ma chair, Dio! A-t-elle goût d'infini? A-t-elle goût de miel ou de ciel? Ah! Dio!
Exaltée, elle riait d'un rire passionné. Ses yeux éclataient, presque méchants. Elle semblait s'offrir avec révolte, lutter en vain contre ses paroles et contre ses gestes. Deux fois elle porta la main à son corsage, froissant nerveusement l'étoffe tendue.
—La lettre, la lettre! Néo, la lettre!
Elle l'atteignit, la tendit à Diomède.
—Oui, il faut la lire maintenant. Ah! il y a du sang, un peu de sang, une goutte de sang, une seule goutte... Ainsi, je te donne de mon sang! Dio, que me donneras-tu?
—Moi, répondit simplement Diomède.
—C'est dit. Tu m'appartiens.
Dans un moment d'exaltation, Diomède porta la lettre à sa bouche et baisa la tache sanglante.
—Baise aussi la blessure, Dio!
Et Néobelle, déchirant son corsage, offrit son sein nu aux lèvres de Diomède.