—Quel sujet de rêve, Pascase! Cet univers livré à des lois, à la brutale causalité, à l'implacable règle des affinités et des répulsions, à la Force, c'est-à-dire à la stupidité! Un univers enfin sans l'intelligence, qui est la perpétuelle négation de la Loi, qui est l'amour, qui est la joie, qui est l'épée où la force imbécile vient se faire trouer le ventre!

—Cet état d'horreur, dit Pascase, est agréable à beaucoup d'hommes. Après tout, c'est la conception scientifique du monde. Elle est peut-être vraie.

—Peut-être, répondit Diomède, avec tristesse. D'ailleurs la pensée d'un homme n'engage qu'un homme. Il y a bien des vérités. Quelques-unes vivent; d'autres sont mortes; les autres mourront... Mais selon ce système, Pascase, si vous l'adoptiez, ce qui m'étonnerait, sur quoi établiriez-vous la basilique de votre bonne mère la Morale?

—Sur rien. Ce serait absurde même d'en vouloir poser une pierre.

*

Diomède reprit:

—Pascase, est-ce que tout cela, au fond, ne vous est pas un peu indifférent? N'aimeriez-vous pas mieux baiser les cheveux de la petite Flavie?

—Non, ils sont trop courts.

—Courts, mais jolis et fins. Cependant, vous avez raison, car elle refuserait vos lèvres d'homme. Flavie a des principes. Elle mourra vierge du mâle. Ces aberrations ne sont pas déplaisantes comme celle des Elians. Celui-là d'ailleurs est vénal...

—Oh!