Nulle femme ne justifiai mieux les idées de Diomède sur le rôle du mépris dans l'amour. Le vice adorait en elle une laideur dissimulée sous une beauté animale, la grâce de l'impudeur et de la stérilité. Son esprit même semblait physique; on le respirait comme une odeur où il y avait encore quelque chose de sexuel; son sourire était un frôlement et son rire une caresse. Cyrène, ils étaient vrais, sensés et profonds, les éternels jeux de mots nés de son nom fatidique.

*

Revenant aux motifs de son retour au vieux Cyran, il les comprenait aisément; ils étaient simples, humains, sociaux, avec sans doute de la cordialité et même de raffection...

«En somme, songea Diomède, que m'importe? Je m'occupe bien peu de moi depuis quelques semaines...»

Il ne put cependant arriver à se nier l'évidence de ses devoirs envers Cyran. Des devoirs, lesquels? Le protéger? Le secourir? Comment? En ouvrant ou en fermant les fenêtres?

*

Las de ces controverses, il écrivit à Néo, voulant un rendez-vous, une heure près d'une fenêtre ou sous les arbres du parc Sina.

Y aller?

«Oui, elle m'attend. Mais que d'ennuis! Rencontrer le vieux jockey, saluer la vieille dame qui vous retient anxieuse, près de sa chaise longue, par des questions qu'elle a longtemps remuées dans sa cervelle inculte d'orientale. Elle déteste Néo qu'on lui a imposée comme une nièce orpheline. La vérité qu'elle sait et qu'elle n'ose proférer anime ses yeux noirs et faux, quand la jeune fille passe, ou son nom. Si elle n'était paralytique, il y a longtemps que Néo aurait bu du poison...»?

*