Mais ne regardez pas au fond, parmi les feuilles.

Quelque chose s’agite encore dans ce cercueil,

Des rêves, des tendresses, des troubles, des désirs,

Je ne sais quoi d’absurde qui ne veut pas mourir.

Les choses non plus ne veulent pas mourir. Tant que nous sommes, elles sont. J’ai vu détruire des paysages qui vivent toujours dans ma mémoire. Les arbres, les maisons, les perspectives reviennent prendre leur place dès que je ferme les yeux sur le présent, et leur réalité est aussi vraie pour moi qu’au temps où elle était réelle. J’ouvre la porte de toutes mes demeures successives, même les plus fugitives, et je m’y installe facilement, à la place accoutumée. Les mêmes visions viennent m’y visiter et parfois j’y accomplis des rêves qui étaient restés des rêves. Quand j’aurai quitté ma demeure d’aujourd’hui, je la verrai toujours s’éclairer de votre sourire,

Et vos yeux déchirer la nue

d’où tomba, comme une pluie de printemps, la tendresse des pensées. Et quand les pierres en choieraient une à une dans le néant des pierres, rien ne pourrait faire que vous ne vous soyez assise là, et que votre image ne s’y soit reflétée dans mes yeux et dans mon esprit. Ce qui a été une fois est devenu éternel.

Voilà des imaginations bien compliquées, n’est-ce pas, mon amie, pour accompagner les coups sourds du pic, mais c’est que je les entends moins à mesure que je pense à vous, et de penser à vous, cela me mène toujours très loin, puisque vous contenez toutes les possibilités. La diversité de votre âme satisfait la mienne éprise à la fois de variété et d’unité et j’aime à promener mon visage

Sur maints charmes de paysage,

O sœur, y comparant les tiens,