—«Et puis, m'a-t-elle dit, je veux t'aimer parmi les hommes.»

Moi qui me souvenais des coups de fourche et des crocs des chiens, je demeurai muet, en la regardant avec terreur.

—«Tu as peur?

—Et comment te suivrais-je tout nu?»

Cydalise éclata de rire, se jeta à mon cou, et ce jour-là nous ne parlâmes plus de mon exode.

Un matin, je méditais tristement, songeant à fuir, pareil au sanglier qui emporte à son flanc l'épieu qui le blessa. Malgré mon amour, la vision lumineuse de femmes nouvelles commençait à emplir mes yeux, j'entendais leurs cris, leurs rires, leurs disputes et leurs moqueries anxieuses, quand Cydalise surgit au bord du sentier, portant un gros paquet qu'elle laissa choir, en même temps qu'elle-même. Sans m'adresser la parole, elle regardait alternativement le paquet, puis moi. Enfin, selon son habitude dans les cas embarrassants, elle prit le parti de rire. Maintenant elle se roulait sur la mousse, en proie à une telle crise de gaieté hystérique que sous son sein gonflé le corsage céda. Cela changea ses idées et la calma aussitôt. Dès que je lui vis un visage sérieux et inquiet, je m'approchai d'elle et, lui ayant baisé tendrement les yeux, j'attirai le paquet et je l'ouvris.

Les regards de Cydalise suivaient avec curiosité tous mes mouvements:

—«Oui, c'est pour toi. Je t'emmène à la ville.»

Vous avez deviné que c'étaient des vêtements d'homme. J'eus un moment de désespoir:

—«Mettre ça!»