M. Hervart ressentait à son tour les piqûres, assez vagues encore, de la jalousie:

«Ces petites recherches, ces petites complaisances sensuelles, qui les lui a enseignées, puis-qu'elle n'a pas d'amies, sinon quelque cousin, entreprenant et gauche?... Que je suis sot, et méchant pour moi-même! Rose a eu des amies, à Valognes, au couvent; elle en a toujours et leur écrit.... Et puis, que m'importe? Je ne suis pas amoureux, il me semble, et tout cela ne saurait être pour moi qu'une suite de sensations légères, qu'un prétexte à d'amusantes observations....»

L'après-midi s'écoulait. Il fallut penser aux emplettes réclamées par Mme des Boys.

Ils redescendirent.

—Comme l'escalier est noir. Donnez-moi la main, dit Rose.

Vers les dernières marches, comme pour le remercier de son aide, elle lui tendit la joue. Le baiser se posa au coin des lèvres. Cette fois, Rose recula, avertie du danger par une sensation trop vive, trop intime. Mais, en s'éloignant, elle faillit tomber. Ses mains se crispèrent sur la main qui la retenait, et elle se trouva ramenée vers M. Hervart. Ils se regardèrent une seconde. Elle ferma les yeux, attendant la nouvelle brûlure.

—Vous ne vous êtes pas fait de mal?

Elle éclata de rire.

«Voilà, se disait M. Hervart, ce qui s'appelle être maître de soi. Aussi elle se moque. Tel est le résultat de la vertu.»