«En saurait-elle aussi long que cela? Est-ce une invitation?»

Sa pensée se perdit dans d'inutiles désirs. Mais précisément, comme l'heure n'était pas propice, il se laissa aller aux idées les plus audacieuses. Ses yeux erraient vers le bois obscur, semblaient chercher une favorable retraite. Il eut des mouvements inachevés. Levé à demi de sa chaise, il y retombait, maniait une tasse vide, cherchait en vain une allumette pour sa cigarette absente. L'arrivée de Léonor le rasséréna. Il accepta sa destinée du jour, qui était de se livrer avec ce jeune homme à de frivoles discussions.

Tout le monde étant réuni, on reprit le ton du déjeuner, mais Rose rêvait, M. Hervart avait mal à la tête. Cela fut si languissant, malgré les agaceries de Lanfranc, qui faisait le bon compagnon, que M. des Boys promptement proposa une promenade.

—Si vous voulez, dit Léonor, que nous établissions un plan des transformations de votre propriété, il faut nous la montrer avec quelque détail. Ce bois fait partie du parc que vous projetez? Et au delà? Y a-t-il un domaine, des prés, des champs? Quelles sont les servitudes? Voulez-vous une seule avenue vers Couville? On pourrait également rejoindre la route de Saint-Martin....

—Vous ne prétendez pas, demanda Rose, dévaster ce bois, si beau dans sa sauvagerie?

—Mais, Mademoiselle, dit Léonor, je ne prétends à rien, c'est-à-dire que je ne prétends qu'à vous plaire....

—Faites ce que voudra ma fille, dit M. des Boys. C'est pour elle que vous êtes ici.

—C'est pour elle, reprit Mme des Boys.

—Oh! alors, dit Léonor, nous nous entendrons fort bien.

—Je l'espère, dit Rose.