Rose tressaillit, mais ces paroles répondaient si bien à sa propre pensée qu'elle ne fut surprise que de leur brusquerie. D'abord, elle rougit, puis un sourire d'une douceur heureuse éclaira sa figure où les yeux brillaient de vie et de désir.

Ils rejoignirent bientôt Lanfranc et M. des Boys, qui devisaient en buvant. Quelques instants après, les architectes montaient en voiture.

Léonor; au moment où le domestique lâcha le cheval, se retourna. Rose comprit que ce geste était pour elle: elle haussa très légèrement les épaules.

—Je vais faire un peu de peinture, dit M. des Boys.

—J'ai aperçu dans le haut du jardin un scarabée qui m'intéresse, dit M. Hervart.

—Je monte à ma chambre, dit Rose.

Cinq minutes plus tard, les deux amants se retrouvaient près du banc où M. Hervart avait médité en vain.

Sans dire une parole, Rose se laissa aller dans les bras de son ami. Sa tête penchée découvrait son cou. M. Hervart le baisa avec plus de passion que d'habitude. Sa bouche repoussait le col de la robe, cherchait à pénétrer vers l'épaule.

—Asseyons-nous, dit-elle enfin, quand elle eut bien joui des tièdes caresses de son ami. Et à son tour, lui prenant la tète, elle le couvrit de baisers, mais plutôt sur les yeux et sur les sourcils, sur le front. Désirant un contact plus tendre, il prit l'offensive, saisit la tête charmante qui ne résistait pas, atteignit les lèvres et, après une légère résistance, en fit la conquête. Il y avait toujours une petite lutte pour en venir à ce point si doux, quand ils étaient assis: car souvent, pendant qu'ils se promenaient, elle lui avait tendu ses lèvres, avec franchise.

Sur le banc, c'était plus grave, parce que c'était plus lent, et aussi parce que le baiser irradiait plus à son aise dans toutes les parties de son corps moins défendu.