Quand il fut regaillardi par quelque xérès et quelques brioches, M. Hervart souhaita de la musique. Rose, quoique inexperte, berça son ami d'autant de mélodies qu'il le désira. Elle se prit même à chanter. C'étaient des romances.

«Les joies d'un jeune ménage, se disait-il, en somnolant un peu. Un tableau de Greuze. Il y manque un petit chien griffon et quelque paterne vieillard qui, par la fenêtre, à ce spectacle ravissant, verse quelques douces larmes «que lui inspire le souvenir». Hé! Je me raille, donc je ne suis pas si démoli qu'on le dirait. Pas si prisonnier, non plus....»

—Allez voir mon père, dit Rose, en laissant un couplet à moitié chemin. J'irai vous rejoindre.

Et elle reprit sa musique.

«De plus en plus conjugal, car je vais obéir, après avoir été, naturellement, l'embrasser dans le cou. Chère petite, elle s'attend à la surprise, elle en frissonne déjà.»

Tout se passa comme l'avait prédit M. Hervart, mais il y eut quelque chose de plus. Rose se retourna et dit, après avoir tendu ses lèvres:

—Allez, mon chéri, et surtout admirez beaucoup sa peinture, encore plus aujourd'hui qu'hier.

—Oui, mon amour.

«Que c'est charmant! se disait-il, en frappant à la porte de l'atelier. Délicieuses complicités familiales! Vais-je pouvoir jouer longtemps ce rôle? Si je déclarais mes intentions à mon vénérable ami? Evidemment, il n'y a plus à hésiter. Allons!»

Ils parlèrent de sainte Clotilde. M. Hervart vanta tout à la fois la science historique et la science picturale du maître de Robinvast, et à chaque mot qu'il prononçait il avait envie d'aiguiller la conversation sur les vertus conjugales de cette honorable reine. Puis cette envie lui passa.