—Monsieur Michel, parce que ça sera contre nous. Est-ce que j'ai mal travaillé?

—Et moi? dit plus haut le père Dixneuf. Est-ce que vous n'avez pas été content de moi, les années passées? Depuis les temps anciens que je travaille vos prés?

—Faut pourtant que l'ouvrier vive, ajouta Durgé, en avançant sa tête jeune, comme pour charger sur l'ennemi. La machine vole le travail de l'ouvrier!

—Vous ne ferez pas ça, monsieur Michel? Ça ne serait pas la justice!

—Ni votre intérêt, voyons!

—Ni la paix!

Les trois voix s'animaient. Les trois hommes rapprochaient leurs chaises de celle de Michel, qui attendait, et regardait en silence celui qui parlait.

—Il y a assez de bourgeois qui ne font plus faucher! Vous êtes le dernier. Votre père et votre grand'mère nous ont fait travailler!

—N'achetez pas de machines, monsieur! C'est votre intérêt, je vous avertis.

—Non, Durgé, interrompit Gilbert; il faut dire à cause de nous, par amitié pour nous, pour nous donner du travail, n'achetez pas de faucheuse.