—Alors, que te reste-t-il?
—Rien, monsieur le curé: je suis tout seul.
—C'est là ce qui te trompe, mon bon ami! Dieu te reste, et il t'attend.
—Où est-il?
—Entre toi et moi. Tu ne le connais pas, et il t'a fait venir ici pour que tu entendes son nom. Écoute-moi, car je devine que tu as l'âme droite. Je vais te quitter; je suis attendu; je dois m'occuper de plusieurs autres, et toi cependant, je ne veux pas te laisser aller dans la tristesse, vers la mort. As-tu une bonne mémoire?
—Oui, malheureusement: je me rappelle tout.
—Même les mots?
—Tous ceux que je comprends.
—Alors, après la prière, ce soir, dans ton lit, ne t'endors pas tout de suite. Repasse en esprit les choses que tu as entendues et qui t'ont touché le cœur; dans le silence tu comprendras mieux; et quand tu nous auras quittés, je penserai qu'au moins ce n'est pas sans une petite lumière, et sans un peu de consolation.
Ils étaient revenus près de l'aile droite de la grande maison. A travers les fentes des volets, la lumière des lampes rayait le sable. L'abbé s'arrêta; il étendit les bras, comme ceux d'une croix; il dit: