—Vous ne pourriez pas sonner moins fort? Qui êtes-vous?
—Je viens vous querir pour un testament.
—Est-ce pressé?
—Oui bien.
—Alors, j'irai dans la matinée. Qui êtes-vous?
—Dans la matinée! Mais non! C'est tout de suite qu'il faut venir. Tout est prêt.
L'homme éleva la voix, de façon à être entendu jusqu'au fond des alcôves, où les voisins dormaient sous les rideaux tirés.
—Ouvrez, monsieur Biolaz; c'est dans la loi que les notaires ne peuvent pas refuser les clients! Ouvrez!
Les volets se rapprochèrent l'un de l'autre. Puis Anthelme perçut le bruit douillet des bourrelets de la fenêtre qu'on fermait. Il ne demeura dehors que le temps qu'il faut à un notaire pour allumer une bougie, pour expliquer à sa femme qu'il n'y a pas de danger, pour chausser des pantoufles, enfiler un pantalon, y insérer les plis amples de la chemise de nuit, et descendre un étage.
—Entrez vite, dit M. Biolaz; il fait diablement froid.