—Pourquoi?
—Parce que je suis sûre que mon grand-père Guen est parti.
Madame Jeanne secoua la tête, lentement, tout le passé triste évoqué devant ses yeux.
—Vous vous trompez, reprit-elle. Cela est naturel à votre âge. Mais les brisures de cœur ne se réparent guère, mon enfant.
A ce moment, Fantic entra, tenant une dépêche.
Bien que le télégramme fût adressé à Simone, ce fut madame Jeanne qui l'ouvrit, du consentement muet de sa petit-fille. Elle lut: son visage tout blanc et flétri s'empourpra. Elle tendit le papier à Simone, sans rien dire.
C'était la dépêche du grand-père. Elle était datée du sémaphore, à l'embouchure du Guer. Elle portait ces simples mots:
«Arrivons tous.
«Capitaine Guen.»
Simone rougit aussi, de l'excès de sa joie. Et elle en fut aussitôt gênée, craignant que sa grand'mère ne prît mal ce cri involontaire de son sang. Une minute elle resta penchée sur le télégramme, n'osant lever les yeux. Puis elle regarda madame Jeanne. Et elle vit qu'elle n'aurait point d'excuse à faire, ni de demande à former.