— Il y a que je ne peux plus rester.

— Ma nièce t’a renvoyé ?

— Non.

— Tu manques de courage, alors ? J’aurais pas cru ça d’un de mes gars.

L’autre ne répondit pas tout de suite. Il fallut bien un quart d’heure pour qu’il se décidât à dire :

— C’est pas le courage qui me manque ; c’est votre nièce qui est toujours après moi pour qu’on se marie tous deux.

— Est-ce qu’elle te déplaît ?

— Pas plus qu’une autre.

— Eh bien ! mon gars, faut te marier : la ferme est bonne, la femme aussi.

Dix minutes plus tard, les deux frères, Julien et Toussaint, appelés par le père, entraient dans la grande salle. Quand ils surent l’événement, ils se mirent à rire silencieusement, chacun de son côté.