— Afin d’entretenir l’esprit de haine, ferment des guerres à venir !
— Monsieur veut-il une voiture ?… demande poliment un agent.
— Une voiture ? Pour quoi faire ? Est-ce qu’on peut parler dans une voiture !… Tenez, mon ami, regardez cette affiche : dans trois heures je serai là-bas. Meeting organisé par la Ligue des Droits de l’Homme ! Je leur expliquerai ce qu’est l’Allemagne !
Il n’y aura aucune peine. Il continuera simplement son cours… La moitié de son enseignement est fait de péroraisons démagogiques et désordonnées, qui marquent que son esprit n’établit nulle différence entre la Sorbonne scientifique et n’importe quelle réunion populaire à la Maison des Syndicats.
V
LE
GRAND BANQUET DÉMOCRATIQUE
DU 13 AVRIL
« Qu’avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez point ? »
Boileau.
(Le Repas ridicule.)
Je venais d’écrire, dans l’Écho de Paris, sur ces trois maîtres illustres, les pages qui précèdent, et j’avais donné à mes portraits le titre même de ce livre : « La Farce de la Sorbonne » sans me douter que, pour mon régal, on allait m’aider à la composer. J’avouerai même qu’en peignant mes personnages, je n’avais pas senti toute leur drôlerie. Heureusement des défenseurs aveugles de ces messieurs sont venus, avec une furieuse énergie, me la souligner ; et de grand cœur je les remercie.
MM. Basch, Aulard et Seignobos, désormais inséparables pour tous ceux qui aiment la comédie, ont des amis politiques qui ne cultivent pas dans leur jardin cette fleur charmante : le sens du ridicule. Suffoqués de mon irrévérence, ils ont déclaré d’abord pompeusement, doctoralement, sentencieusement et sorbonardement, que je n’étais pas compétent pour juger leurs trois cuistres.
— Un romancier, ont-ils écrit dans leurs feuilles ! alors qu’il faudrait un savant[3].
[3] Ère Nouvelle, 13 mars 1921. Le Temps, 26 mars 1921.