— Ce jeune homme, dit madame de La Hotte, est tout à fait bien élevé… Il a été d'une complaisance!…

Et elle raconta ce qu'elle appelait sa mésaventure. Élise étouffait une envie de rire.

Le soir même, M. Destroyer croisant madame de La Hotte, lui adressa un cérémonieux salut. Elle suspendit son pas et crut devoir renouveler au jeune homme ses remerciements. Il se nomma. Elle lui dit qu'elle avait déjà beaucoup entendu parler de lui par des amies à elle, et comme danseur et comme galant homme. Élise venait par derrière avec sa cousine et allait esquiver la présentation, quand madame de La Hotte, l'arrêta :

— Je te présente, mon enfant, monsieur Destroyer, qui a eu pour ta mère les attentions les plus délicates,… et j'ajouterai les plus rares par le temps qui court…

On plaisanta à propos des perles. M. Destroyer demanda une valse à Élise. Madame de La Hotte se rengorgea.

Elle regarda danser sa fille avec ce beau jeune homme ; et elle regarda aussi tous ceux et toutes celles qui les regardaient. Il ne serait pas dit qu'un garçon que l'on se disputait avait négligé mademoiselle de La Hotte. Elle ne pensait même pas : « Mais, en fait, jusqu'ici, il l'a négligée, puisqu'il n'a pas paru faire attention à elle!… »

— Comment trouves-tu ce jeune homme? demanda-t-elle à Élise.

— Très bien, dit Élise ; on a envie de l'ébouriffer et de lui couper la moustache.

— Tu es difficile. A-t-il été aimable avec toi?

— Comme les autres. Il m'a débité les banalités ordinaires.