«—Eh quoi! faut-il nous livrer sans vergogne au premier satyre…»

«—Je m'indigne, dit M. de Chemillé, que l'on fasse tant d'affaires d'une intrigue amoureuse. Un rendez-vous ne prend d'importance que par les difficultés dont on s'ingénie à l'embarrasser. Que n'y met-on plus de simplicité et de bonne grâce! il ne pèserait pas sur notre vie le poids d'un grain de tabac sur la main.»

«—Ah! Monsieur, puisque vous y allez de ce ton, permettez-moi de vous exposer un cas.»

Et la voilà qui glisse à propos sa petite histoire.

Le baron lui dit aussitôt que pour ce qui était du désir amoureux du marquis, il le comprenait fort bien, du moment que Foulques négligeait sa femme, ce qui était son seul tort. Mais, étant donné qu'il était vraisemblable que la marquise s'égayait avec le jeune page, le marquis ne pouvait mieux diriger son choix…

«—Ah! Monsieur, je devrais bondir, et je sais comment il se fait que je vous écoute!»

«—Je me garde bien de vous indiquer, Mademoiselle, ce que vous devez faire: je vous expose ce qui se fait: l'amour, quand il prend seulement la forme d'un gamin, nous fouette comme de vils esclaves, à plus forte raison quand il adopte les apparences d'un maître.»

«—Mais, Monsieur, en admettant que nous fassions taire nos préjugés ou nos répugnances, il reste un trouble public, un scandale!»

«—Il est, dit le baron, un attribut de l'amour que les artistes oublient de joindre à son petit bagage ordinaire et que je tiens pour le plus joli et le plus précieux: c'est le silence.»

Et comme Mlle de Quinsonas se levait, il ajouta: