—Je m'aperçois que je commence par la fin!… C'est parce que c'est le principal et que ma langue ne l'a pas retenu. Je ne l'ai jamais dit encore à personne. Vous ne le répéterez pas à monsieur Prosper, au moins!…
—Comment! Prosper ne sait pas?…
—Il ne faut pas que monsieur Prosper le sache: monsieur en mourrait.
—Bah!
—Savez-vous comment il a eu son attaque, monsieur Francis? Je vas vous le dire: ça n'est pas de ce que ses affaires étaient perdues, non! C'est de ce que j'ai découvert le pot aux roses.
—Cependant, il me semble qu'il est de toute nécessité que Prosper, qui peut compter sur l'héritage de son père… qui peut l'escompter, même…
—Ne parlez pas de ça, monsieur! Oh! je vois déjà que j'ai eu la langue trop longue. Alors, je vas donc être obligée de vous en dire encore plus pour vous empêcher de parler…
—Soyez convaincue, madame Pacaud, que c'est dans l'intérêt de Prosper, uniquement, que je me place, intérêt que je crois connaître mieux que personne, attendu que…
—Non, monsieur Francis, non, vous ne le connaissez pas mieux que personne. Il y a quelque chose que vous ne connaissez pas, je le parie bien: vous n'avez pas entendu parler d'un mariage que ce pauvre monsieur faisait mijoter depuis des années… Faut-il vous dire avec qui? Eh! mon Dieu! puisque j'ai tant fait que d'être bavarde, avez-vous entendu parler de mademoiselle Potu? Elle n'est pas ce qu'on appelle une beauté, non; ce n'est pas comme sa sœur qui a épousé un hussard; mais son père a un château du côté de Lavardin, et il dit comme ça qu'il veut un gendre qui ne soit pas de la nouveauté pour lui. Soi-disant que le hussard, qu'on ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam, leur aurait causé des surprises… Ce serait donc cette demoiselle Potu, la cadette, qui serait comme qui dirait promise, à cette heure, à monsieur Prosper.
—Prosper ne m'a pas parlé.