—C’est toi, mon vieux?...

L’autre, s’arrachant à ses tableaux synoptiques avec la lenteur du serpent qui digère:

—Tiens!... c’est toi, Alex!...

Et ils demeurèrent, l’un vis-à-vis de l’autre, muets et ennuyés, l’un n’ayant à dire qu’un mot: «J’aime», et l’autre ruminant le lourd texte de ses manuels, l’un pour l’autre professant un égal mépris. Alors tous les deux se serrèrent la main, disant:

—Porte-toi bien. Bonsoir!...

Et voici Alex de nouveau en quête de Louise. Quatre jours, il la chercha encore; nulle part il ne pouvait correspondre avec Louise: il était totalement dépourvu de ses nouvelles. Ah! qu’il expiait ses torts envers sa maîtresse! Était-ce ce qu’elle voulait?...

Un beau soir, il rencontra Louise, rue Casimir-Delavigne, le nez au vent, à la bibliothèque du bouquiniste.

Elle éclata de rire, comme si de rien n’était. «Que s’était-il passé?—Mais rien!—Où s’était-elle cachée, ces quatre jours?—Mais chez elle!—En congé, donc?—Mais, oui!»

—Tu n’aurais pas pu m’avertir? dit Alex.

—Mais, mon chéri, j’ignorais si tu étais rentré chez toi!