Madame Lepoiroux titubait sur le trottoir de la rue de Varenne en quittant sa nouvelle protectrice: elle s’égara plusieurs fois avant de regagner l’Hôtel Condé et de Bretagne, et bavarda une heure avec madame Taupier, qui, pourtant, lui inspirait peu de confiance. Mais madame Taupier fut séduite par la magnificence de l’avenir promis à son pensionnaire, et elle y ajouta foi:

—... primo, dit-elle, parce que cette dame de la rue de Varenne est très comme il faut; secundo, parce que votre jeune homme est sans vices: il ne voit pas de femmes!

C’est par là qu’aux yeux de madame Taupier le fils de madame Lepoiroux était un prodige. Elle ne put s’empêcher de soupirer, en levant ses prunelles au plafond:

—Ce n’est pas comme celui de madame Dieulafait d’Oudart!...

Et madame Lepoiroux fut informée des déportements d’Alex.

Une soudaine intimité s’établit entre madame Lepoiroux et madame Taupier. Celle-ci même, comme la mère d’Hilaire s’apprêtait à passer la nuit sur une chaise, lui offrit une chambre:

—Ne vous gênez donc point: il y en a de vacantes... Vous n’en paierez, pardi, pas plus cher!...

La grippe, qui cependant fut tenace, avait quitté la rue Férou comme l’Hôtel Condé et de Bretagne, lorsque madame Lepoiroux jugea convenable d’aller faire une visite à madame Dieulafait d’Oudart.

—Comment! fit celle-ci, vous, encore à Paris?...

—Comme vous voyez, ma chère dame: et j’ai voulu montrer que je ne vous oublie point.